Station Radar Ar 31-Cap Ferret

Les bunkers du Mur de l’Atlantique de la plage de l’horizon en Gironde au Cap-Ferret

À la découverte de la station radar AR-31 – Une randonnée historique et immersive au Cap-Ferret

Sur la côte sauvage du Cap-Ferret, la station radar AR-31 de la plage de l’Horizon est un site fascinant du Mur de l’Atlantique en Gironde, à la fois imposant et chargé d’histoire. Construite par la Luftwaffe, l’armée de l’air allemande, cette station-radar avait pour mission de surveiller l’espace aérien grâce à des radars protégés par un réseau défensif de bunkers et de canons antiaériens: la FLAK (FLAK est l'abréviation du mot allemand Flugabwehrkanone). Aujourd’hui, ses vestiges témoignent de la puissance et de l’ingéniosité du dispositif militaire allemand durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour les passionnés d’histoire, d’exploration et de randonnée en pleine nature, visiter cette position est une véritable aventure. Cette sortie culturelle et sportive vous emmènera à travers les dunes et la forêt, au cœur d’un paysage à couper le souffle, où la mémoire des lieux se dévoile à travers chaque bunker.

Un cadre exceptionnel entre océan, dunes et forêt

La station Ar 31 est située dans un environnement unique. Bordée par les vastes plages océanes du Cap-Ferret et les dunes qui les surplombent, elle s’étend sur une large zone où nature et patrimoine militaire se mêlent. La randonnée sur ce site est une immersion totale dans un paysage préservé, offrant un contraste saisissant entre la brutalité du béton des bunkers et la beauté sauvage du littoral.

Un site très étendu à découvrir   

Plongez au cœur de l’histoire de la Station-radar Allemande grâce à nos images et analyses exclusives de la position Ar 31 de la plage de l’horizon.

Dans cet article, nous vous proposons une sélection d’ouvrages remarquables à explorer, car cette station radar abrite une diversité impressionnante de constructions militaires, illustrant parfaitement les différents aspects de la défense allemande du Mur de l’Atlantique.

Nous vous suggérons de vous garer à proximité de l’un des accès à la plage de l’Horizon. Une fois en haut de la dune, vous pourrez profiter d’un premier point de vue sur l’océan avant de décider dans quel sens débuter votre exploration. Que vous choisissiez de partir vers le nord ou vers le sud, un itinéraire varié vous attend, entre dunes sauvages, bunkers impressionnants et panoramas exceptionnels, pour une randonnée inoubliable au cœur de l’histoire et de la nature.

Un véritable bastion de la surveillance aérienne de la Seconde Guerre Mondiale en Gironde

Le poste d’observation R 637

L’un des ouvrages les plus impressionnants du site. Doté d’une salle d’observation , il offrait une vue panoramique sur l’océan, permettant de surveiller toute activité suspecte. Un Tobruk (emplacement pour mitrailleuse) est intégré à la structure pour assurer une défense rapprochée en cas d’attaque.

Une protection indispensable pour un site stratégique

La station radar Ar 31 au Cap-Ferret sur le secteur de la plage de l’Horizon, ne se résumait pas à ses antennes et à ses équipements de détection radar. Comme l’ensemble des stations radar allemandes installées sur le littoral atlantique, elle faisait l’objet d’une protection antiaérienne rapprochée, destinée à contrer les attaques aériennes alliées.

Ces installations radar, essentielles au dispositif de surveillance aérienne de la Luftwaffe (armée de l’air Allemande pour information), constituaient des cibles prioritaires pour les forces Alliées. Leur destruction permettait de désorganiser la détection précoce des bombardiers et chasseurs, ouvrant la voie à des raids aériens plus profonds sur le territoire occupé.

Pour assurer la survie opérationnelle de la station Ar 31, les Allemands mirent en place plusieurs ouvrages dédiés à la FLAK (Flugabwehrkanone), l’artillerie antiaérienne. Ces bunkers avaient pour mission de créer une bulle défensive autour des radars, couvrant les approches aériennes à basse et moyenne altitude.

Concrètement, ces ouvrages permettaient :

-l’installation de pièces antiaériennes légères ou moyennes,

-la protection des servants contre les éclats d’obus

-le maintien du feu même en cas de bombardement à proximité.

La logique était claire : protéger le radar pour protéger l’ensemble du système défensif côtier. Sans détection, la réaction devenait aveugle.

Les bunkers de Flak : mettre le radar « sous cloche »

L’organisation interne d’un bunker de FLAK

Ces bunkers de Flak étaient conçus comme de véritables ouvrages de combat autonomes. Sur leur partie supérieure se trouvait un encuvement pour canon antiaérien, permettant l’installation d’un canon de défense anti-aérienne capable de couvrir un large champ de tir. Cette plateforme à ciel ouvert offrait aux servants une grande liberté de rotation du canon, indispensable pour suivre des avions en mouvement et réagir rapidement aux incursions aériennes. Depuis ces encuvements, la défense antiaérienne pouvait engager des cibles à basse et moyenne altitude, contribuant ainsi à créer une bulle protectrice autour de la station radar Ar 31 et assurer la protection des radars

L’intérieur d’un bunker de FLAK et son agencement

Au risque d’heurter certains puristes, nous avons choisi, pour des raisons de pédagogie et de vulgarisation historique, d’englober l’ensemble des bunkers de Flak de la station radar AR31 du Cap-Ferret sous une même logique de fonctionnement. L’objectif est avant tout de permettre au lecteur de comprendre le rôle et l’organisation générale de ces ouvrages de défense antiaérienne, sans entrer dans une complexité excessive liée aux variantes architecturales.

Il faut ainsi se représenter ces bunkers de Flak comme des structures à deux niveaux fonctionnels. Au sommet se trouvait le poste de combat, matérialisé par un encuvement destiné à accueillir un canon antiaérien, tandis qu’en dessous se développait un véritable lieu de vie. Sous la plateforme de tir, l’intérieur du bunker était aménagé pour accueillir les servants, c’est-à-dire les soldats allemands chargés de manœuvrer le canon installé sur le toit. Ces espaces permettaient aux équipes de se loger, de se reposer, de se nourrir et de stocker les munitions nécessaires à la défense du site radar.

Bien qu’il existe plusieurs typologies de bunkers de Flak identifiées sur la station radar du Cap-Ferret, notamment des modèles tels que le L 409 ou le L 410, l’agencement intérieur reste globalement très similaire d’un ouvrage à l’autre. Cette standardisation répondait à un besoin d’efficacité, de rapidité de construction et de continuité opérationnelle. Quel que soit le modèle précis, ces bunkers étaient conçus pour assurer une présence permanente autour des radars de la Luftwaffe, afin de protéger les installations de surveillance aérienne contre les attaques alliées.

  • Sous cet encuvement se développait l’intérieur du bunker, pensé non seulement pour le combat, mais aussi pour la vie quotidienne des servants. On y trouvait une véritable pièce de vie, permettant aux soldats affectés à la Flak de s’abriter, de se reposer et de se relayer en permanence. Ces bunkers étaient occupés jour et nuit, car la surveillance aérienne ne connaissait aucun répit. Une zone de repos, souvent équipée de couchettes ou de banquettes, permettait aux équipes de maintenir un niveau de vigilance constant malgré la fatigue.

    L’intérieur comprenait également des aménagements rudimentaires pour se loger et se nourrir. Les soldats de la Flak vivaient sur place, parfois durant de longues périodes, dans un environnement confiné mais protégé. Cette organisation interne illustre le caractère permanent de la défense antiaérienne dans les stations radar du Mur de l’Atlantique.

  • Un autre élément essentiel de ces bunkers de Flak était la présence d’un local dédié aux munitions. Cette pièce spécifique permettait de stocker les obus et chargeurs à l’abri de l’humidité et des chocs, tout en garantissant un accès rapide en cas d’attaque aérienne. La proximité immédiate entre la zone de stockage et l’encuvement pour canon assurait une continuité du feu antiaérien, même lors de bombardements répétés. La séparation entre l’espace de vie et le local à munitions répondait à des impératifs de sécurité, mais aussi d’efficacité opérationnelle.

  • Aujourd’hui, ces bunkers de Flak témoignent de l’importance stratégique du Cap-Ferret dans le système défensif allemand. Ils rappellent que le Mur de l’Atlantique ne se limitait pas à la défense des plages, mais reposait aussi sur un réseau complexe associant radars, bunkers, artillerie antiaérienne et présence humaine permanente, pensé pour contrôler le ciel autant que l’Océan

Les Bunker Bf 66

Situé sur l’estran au Nord de la plage, les deux bunkers Bf 66 sont équipés d’une KwK Stellung (KampfWagenKanone) pour canon de 5 cm KwK et de 6 niches à munitions, ces bunkers assurent la défense anti-char de cette position.

Le Bauform 66 se compose d’une seule entrée centrale à l’est, débouchant sur un couloir de 3,40m et desservant deux salles, l’une au sud sert de soute à munitions pour les obus, celle au nord, plus large de logement pour un groupe de 6 servants (pour rappel ces bunkers ne sont pas des lieux de vie sur le long terme pour les soldats)

Bunker R 604

Il se compose au nord d’un tobrouk adjacent pour la protection rapprochée de la station-radar par mitrailleuse. Sa salle principale et centrale sert d’abris à canon, elle est dotée à cet effet d’une large porte plein Est.

Sur son flanc nord se situe une seconde pièce servant de soute pour les munitions. Une seconde entrée pour les artilleurs est localisée au sud, elle débouche via un classique sas anti-gaz sur une salle de logement pour les soldats.

Pochoir d’identification du bunker R 604 de la position Ar 31

Ar pour le secteur d’Arcachon

03 le numéro du bunker

1943 la date de fin de construction du bunker

Tobrouk Bf 58c

Ce Bauform de type 58c (Tobruk / Ringstand) pour mitrailleuse (MG-34 / MG-42) couvre le Nord de la position Ar 31 au Cap-Ferret.

Les radars visibles de la station radar Ar 31

Sur le littoral girondin, et plus particulièrement au Cap-Ferret, la station radar AR31 offre aujourd’hui un témoignage spectaculaire de l’impact de l’érosion côtière sur les vestiges du Mur de l’Atlantique. Là où les dunes recouvraient autrefois en partie les installations militaires allemandes, le recul du trait de côte met progressivement au jour des structures jusqu’alors invisibles. Cette dynamique naturelle transforme le paysage et révèle, année après année, de nouveaux éléments du dispositif radar installé par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale.

Parmi ces vestiges désormais visibles figurent les socles de radar, éléments fondamentaux de la station radar AR31. Ces structures en béton, massives et solidement ancrées, constituaient la base sur laquelle reposaient les antennes de détection aérienne. Leur mise au jour permet aujourd’hui de mieux comprendre l’organisation technique et spatiale de cette station stratégique du Mur de l’Atlantique.

Les socles identifiés sur le site correspondent au type V229, un modèle spécifiquement conçu pour accueillir le radar Würzburg-Riese. Ce radar de grande dimension était l’un des principaux outils de surveillance aérienne utilisés par la Luftwaffe. Installé sur un socle V229, le Würzburg-Riese permettait de détecter et de suivre les aéronefs alliés avec une grande précision, fournissant des données essentielles à la défense antiaérienne et à la coordination des batteries de Flak environnantes.

Le socle V 229 se caractérise par une plateforme circulaire en béton armé, conçue pour supporter le poids important de l’antenne du radar Würzburg-Riese ainsi que les contraintes mécaniques liées à sa rotation. Cette base assurait la stabilité de l’ensemble et garantissait un fonctionnement optimal, même dans des conditions météorologiques difficiles, fréquentes sur la façade atlantique. Aujourd’hui encore, malgré l’usure du temps et l’action constante de l’océan, ces socles témoignent du niveau d’ingénierie atteint hélas par les Allemands dans la mise en place de leur station-radar du Mur de l’Atlantique.

Les socles V 229 pour radars Würzburg-Riese

L’érosion particulièrement marquée sur cette portion de la Gironde joue un rôle paradoxal. Si elle menace à terme la conservation de ces vestiges, elle permet également leur observation directe. Les socles de radar, autrefois partiellement enfouis ou masqués par le relief dunaire, apparaissent désormais de manière plus lisible dans le paysage. Cette exposition progressive offre une opportunité unique de documenter la station radar AR31 et d’enrichir notre compréhension du système de surveillance aérienne allemand sur le littoral atlantique.

Ces radars visibles rappellent que le Mur de l’Atlantique ne reposait pas uniquement sur des bunkers de combat ou des ouvrages de défense côtière, mais sur un réseau technologique complexe, où la détection et l’anticipation jouaient un rôle central. Au Cap-Ferret, la présence de socles V 229 pour radars Würzburg-Riese confirme l’importance stratégique de ce secteur dans le contrôle du ciel atlantique et dans la protection des grandes installations militaires et portuaires de la région.

À mesure que l’océan continue de redessiner la côte, il est probable que de nouveaux éléments de la station radar Ar 31 apparaissent dans les années à venir. Ces vestiges, fragiles mais précieux, constituent une mémoire matérielle essentielle de l’histoire militaire de la Gironde et du Mur de l’Atlantique, invitant à une observation attentive et respectueuse de ce patrimoine en perpétuelle évolution.

Bunkers engloutis par le sable et révélés par les marées sur le Mur de l’Atlantique en gironde

En fonction des importants mouvements de sable observés sur la zone de balancement des marées, certains ouvrages, bunkers ou blockhaus du Mur de l’Atlantique disparaissent puis réapparaissent au gré des dynamiques naturelles du littoral. Sur cette portion de la côte girondine, le sable joue un rôle majeur, recouvrant temporairement des structures en béton parfois massives, avant de les révéler de nouveau lors de phases d’érosion plus marquées. Ce phénomène rend la lecture du paysage en constante évolution et explique pourquoi certains vestiges ne sont visibles que de manière ponctuelle.

Dans la galerie ci-dessous, plusieurs bunkers du Mur de l’Atlantique apparaissent ainsi de façon beaucoup plus rare. Leur mise au jour intervient principalement en période hivernale, lorsque les fortes houles associées à de grands coefficients de marée génèrent d’importants déplacements de sable. Ces conditions accentuent l’érosion du littoral girondin et dévoilent brièvement des ouvrages habituellement enfouis, offrant une occasion unique d’observer et de documenter ces témoins fragiles de la Seconde Guerre mondiale avant qu’ils ne soient de nouveau engloutis par le sable ou menacés par l’océan.

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